Marrackech express, ou jane Eyre à travers moi...

Ce sont mes textes...Des lettres d'amour adolescentes, aux petits romans inignifiants... Je respire donc j'écrit...

29 mai 2006

Chapitre 5

Le commencement

Je crois que mon dos va tomber du reste de mon corps tellement j’ai mal. Cette nuit a été une horreur ! Moi qui croyais avoir atteint le summum la fois où je suis partie en classe de mer en quatrième ! On avait dormi dans des tentes, mais bon, en Bretagne, il pleut tout le temps. Et, comme par hasard, la seule tente à ne pas être équipée de pare-pluie, c’était la mienne ! Avec deux autres on a du passer la nuit totalement trempées, dans des sacs de couchage qui piquaient en plus, et une tente qui puait les pied : un vrai paradis ! Depuis je n’ai plus jamais fait de classe de mer…

Pour revenir au cas présent : pendant la nuit, une bande de fourmis carnivores ont failli nous attaquer. (Sans que je m’en aperçoive : j’étais trop occupée à garder les yeux fermés… Bah quoi ? J'ai toujours détesté les films d’horreur !) Une horde de loups génétiquement modifiés (à mon avis) dévoraient, à quelque pas de nous, un succulent rat de trois mètres ayant un air de famille, très léger, avec leurs homologues terriens. A part ça, comme je ne cesse de le répéter (avec une pointe d’ironie) à mon camarade de voyage : tout va bien dans le meilleur des mondes ! Sans jeu de mots…

D’ après Simanson, en suivant la route d’un bled nommé Birme, nous devrions croiser un village de fermiers. J’attend de voir ce qu’ils cultivent, parce qu’ici tout est verdoyant : pas une trace de jaune blé ou de maïs, rien que de l’herbe. Peut-être qu’ils mangent de l’herbe, tels des ruminants dans les pâturages ? Tu délires ma pauvre Iaüle ! Ah toi, tais toi un peu ! Je n’arrive pas à penser en paix !

Lolinpia. Ca doit être le village dont il m’a parlé. Enfin parler est un trop grand mot, mais je n’en vois pas d’autre pour qualifier son élocution. Bref, on s’en contre-fiche. J’espère que je vais bientôt avoir des vêtements, parce que l’exhibitionnisme c’est pas mon genre… Mais apparemment il connaît quelqu’un dans le village…

-    Nous y voilà !

-    Où ?

-    Ben, à Lolinpia… Franchement Iaüle, tu me fais peur parfois !

-    Désolé mon gars, mais moi je ne vois rien que des champs !

Non mais, il se fout de moi ?

-    Il te faut des lunn… Non, je comprends toutes les villes dans cette région sont munies d’un bouclier de transparence. Attend une fois que nous y seront rentrés, tu comprendras. Suis-moi.

Ok, ça va, je commence à m’y habituer aux trucs bizarres maintenant. C’est vrai de toutes façons, il n’y a que ça !

Il y a un autre truc qui m’inquiète : c’est comment rentrer chez moi. Quoique, en vérité, j'aimerais bien rester ici encore quelques temps… Merde qu’est-ce qui se passe ?

-    Iaüle ? Oh, ça va ?

-    Eh Iaüle, réveille toi.

Où suis-je ? Que se passe-t-il ? C'était quoi cette impression bizarre d'être happée par le vide ?

-    Ben dis donc ma vieille, tu m’a fais une sacrée peur ! Pire que la fois où j’ai failli être tué par le centaure des forêts de Timancy !

-    On est où ?

-    Dans la maison d’un ami.

-    Pourquoi je me rappelle pas y être entrer ?

-    T’as fait un malaise en traversant le bouclier. Ca arrive de se sentir mal la première fois, mais en général, personne tombe dans les pommes…

-    T’es en train de m’insulter de fille fragile ?

-    Mais non ! Repose toi. Y a des vêtements sur la chaise. A tout à l’heure au dîner !

-    Ouais…

La plus longue conversation qu’on ait jamais eut ! C’est une chambre assez sympa. Bon, j’ai plus sommeil, voyons les vêtements... C’est pas si mal dans le genre moyenâgeux. Une robe ! Non mais c’est totalement démodé ! Bon, encore heureux que ce soit du lin. Direction le miroir. Mais est-ce que ça existe ici ? On dirait qu’ils ont trois milles ans de retard ! Iaüle arrête de penser n'importe quoi. Tu es sur une autre planète, tu te rappelles ? Ah toi, là-haut, arrête : je t’ai pas sonnée ! Voila, c’est mieux quand t’es pas là. Bon bah… t’es aussi moche que sur la terre et en plus on dirait que tu vas au carnaval. Quoique, la robe ça cache les cuisses. Mais est-ce que toutes les femmes portent ce genre de fringues ? (Non ne recommence pas avec Shakespeare.) Coup d’oeil par la fenêtre : réponse affirmative. Au moins, je passerai inaperçue ! Bon, la couleur est plutôt moche : bleu marine délavé, pas du tout comme mon jean terrestre, parce que là, elle a vraiment du être portée pendant des siècles avant moi… Bref, je vais sortir faire un tour. Ça m’occupera.

Ici tout est vert : les maisons sont vertes, les charrues (oui, les gens se déplacent en charrues !)… Si un jour je reviens sur Terre, je pourrais parler du Moyen Âge en connaissance de cause. Je pourrais facilement devenir historienne, je ferais des conférences partout dans le monde, et je serais riche et célèbre ! Bon, là je divague vraiment. L’explication de la verdoyance apparente est très simple : c’est pour facilité le camouflage, en plus du bouclier. Bon d’accord, c’est une théorie un peu vaseuse… Ou alors, ils aiment tous le vert. Encore plus vaseux…

La manière de payer est assez étrange d’après mes observations : les gens échangent des sortes de fioles contenant plus ou moins un liquide bleu, contre de la nourriture ou autres choses. Il va falloir que Simanson me renseigne là-dessus. Ce qui est étrange aussi, c’est que les gens parlent le même langage que moi, mais que les écritures sont différentes. Je crois que je vais rentrer. Eh oui ! Je suis sortie en délinquante, sans prévenir personne. Je me la joue à la « Nicky Larson qui a peur de personne » ! Pour la énième fois, je déraille totalement…

-    Iaüle !

-    Oh, Siman...

-    Mais on t’a cherchée partout, t’étais où ?

-    Ici, en ville.

-    Recommence plus ça, t’as même pas de Fiare !

-    De quoi ?

-    La monnaie ici !

-    Bon, on rentre ? Parce que j’ai faim et il faut que tu m’expliques plein de choses.

-    Bonsoir, Iaüle.

-    Bonsoir.

Ce qu’il est grand ! C’est pas humain...

-    Simanson m’a tout raconté. Il fallait bien que tu reviennes un jour…

Que je revienne ? Il délire, c’est la première fois que je viens ! Heureusement que t’es un ami de Simanson sinon je te ferais pas confiance, moi. Comment il s’appelle déjà ? Ah oui ! C’est celui qui a pas de prénom : c’est Cap’tain. C’est bizarre quand même que sa mère l’ait appelé comme ça. Mais bon, il a peut-être pas de mère.

-    Ne me regarde pas avec tant de frayeur : un jour tu comprendras.

-    Qui êtes-vous, à part l’ami de Simanson ?

-    Je suis un ancien marin des galères de Kimoliun…

-    Et mon plus vieil ami… intervint un jeune homme qui venait d'entrer.

-    Ah te voilà toi ! Je pensais que tu ne viendrais pas, reprit le Cap'tain. Iaüle, je te présente Feram. Il habite Birme et demain il vous accompagnera, Simanson et toi : en ce moment les routes ne sont pas sûres…

Toi t’as une tête vraiment louche, je te le dis.

-    Simanson devrait arriver : il est dans sa chambre, continua-t-il. Ah, le petit moussaillon est là ! Ton ami est un véritable héros petite, le sais tu ?

Secouage de tête négatif.

-    Réussir de s’évader d’une des galères des marchands est un exploit !

-    Dis moi Feram, n’es tu pas encore plus laid que la dernière fois où nous nous sommes croisés ? intervint alors Simanson.

Mon sauveur ! T’en as mis du temps à venir !

-    Passons à table les amis !

Je crois qu’avec tout ce que le capitaine nous offre à manger, je vais attraper une indigestion ! Au début, tout ce que contenaient les plats ne me paraissait pas mangeable, en fin de compte, c’est succulent. Je me suis enfournée trois énormes cornets de baies, des hargues au sucre accompagnées de viande de friks (c’est comme du poulet), puis quatre assiettes de soupe d’herbes des Monts Neï : un vrai délice ! En gros, je m’en suis mis plein la panse, si bien que Simanson dois me porter jusqu'à la chambre. Heureusement que je n’ai bu que de l’eau ! Il m’a promis que demain il m’expliquerait tout sur tout, et que je serais aussi informée que si j'étais née ici. Ce qui n’est pas à exclure d’après…

Oh, que j’ai sommeil ! Pour le problème du langage, c’est réglé ils ont du me trafiquer le cerveau quand j’étais évanouie… Mais non ! Avant tu comprenais déjà Simanson ! Peut-être qu’il avait pris des cours par correspondance… Arrête de délirer, personne ne connaît l’existence de la Terre à part… A part ? Ah, je comprend c’est un complot… Si tu savais ! Bon aller, ferme-la toi ! Je dors…

Vraiment étrange : j’ai un souvenir d’hier soir où je parlais avec un femme, mais il n’y avait aucune femme… Non, c’était la voix dans ma tête… Je suis peut être schizo… Mais non, tout ici est tellement réel !

-    Bon Iaüle ! Tu te dépêches ? On part dans cinq minutes !

-    Oui j’arrive !

Quel enquiquineur celui-là !

-    Dis, Simanson, il est obligé de nous accompagner, l’autre là-bas ?

-    Oui ma veille, si tu veux pas te faire découper en petits morceaux par un être des Combles !

J’en ai marre de rien comprendre à leur charabia !

-    Dis, quand est-ce que tu m’expliques le B-A BA de ton monde ?

-    Pendant le voyage ! Aller grimpe.

Me voilà donc partie à bord d’une charrue verte (je tiens à le préciser) pour une ville appelée Birme, qui est entre autre la capitale du pays Birmanien. Et je ne sais même pas pourquoi : Simanson m’a dis que ce serait une surprise, et que de toute manière, comme il ne savait pas comment me faire repartir, il faudrait que je commence à m'acclimater. Une sorte de voyage initiatique dans mon nouveau monde... Ouais, ben ça a intérêt à me servir  à quelque chose… Une minute qu’on est partis et je m’ennuie…

-    Alors Iaüle, je te raconte.

Enfin !

-    Je t’écoute.

-    Ben, pose moi tes questions : ce sera plus facile.

-    Ok : pourquoi tout était vert à Lolinpia ?

-    Facile : chaque ville a une couleur définie selon qu’elle est agricole, économique, guerrière, artistique… Lolinpia est agricole, donc verte. Mais Birme est économique, donc orange. Ensuite ?

-    C’est quoi votre monnaie d’échange ?

-    Le Fiare.

-    Et plus précisément ?

-    Le Fiare est un liquide très précieux. Pour la monnaie courante, on utilise de l’eau du Lian, mais dans des fioles de tailles différentes selon la quantité. Seul les gens très riches possèdent du Fiare pur. Et encore ! Dans des fioles ultra protégées de la banque de Birme.

-    Et en quoi le Fiare est si précieux ?

-    C’est l'énergie. Les Anciens s’en servaient pour faire marcher des appareils très performants, mais, à trop s’en servir, les puits sont aujourd’hui presque épuisés. C’est pour cela que la banque de Birme utilise l’eau du Lian. Le fleuve passe par la forêt du pays Gnipus : il s’y trouve une source au pouvoir magique.

-    Quel genre de pouvoir ?

-    Elle peut guérir. D’ailleurs le prieuré Sainte Postiche est situé à côté du fleuve : les gens malades y font souvent des pèlerinages.

Comme à Lourdes. Je te félicite : c’est la première fois que tu arrives à garder une énormité à l’intérieur de ta tête.

-    On utilise cette eau comme monnaie car, en la mettant dans des fioles de verre, celles-ci deviennent incassables. A part les banquiers de Birme, personne ne peut les ouvrir. Mais ne me pose pas de question là-dessus : je n’en sais strictement rien.

-    Oui, sinon comment se fait-il que nous parlions la même langue mais que nos écritures soient différentes ?

-    Là, tu me poses une colle. Peut-être qu’à la Quedastra il y aurait une réponse.

-    La quoi ?

-    C’est un endroit où sont regroupés des textes de grimoires…

-    Une bibliothèque, quoi !

-    Tu n’as pas une question moins compliquée ?

-    J’en sais rien moi ! Si tu n’es pas capable de me renseigner, c’est pas ma faute ! C’est ton monde après tout…

-    Ne nous fâchons pas : qu’as tu envie de savoir d’autre ?

J'aimerais savoir pourquoi on va…

-    Tu te demandes pourquoi on va à Birme ? Pourquoi je te traîne avec moi alors que j‘aurais pu t’abandonner ?

Comment t’as fait ça, tu lis dans mes pensée ? Espion, escroc, violeur de mémoire… Iaüle arrête ! Personne ne lit dans tes pensées, je le saurais puisque je… La voix, arrête de me parler : tu me fais peur à la fin. Tais-toi, laisse moi en paix !

-    Eh Iaüle, tu rêves ?

-    Non, vas-y : tu disais ?

-    Nous allons à Birme parce qu'un jour… Merde, qu’est-ce qui se passe ? Feram pourquoi tu…


Journal de Clella : 1ier Yan de Doris, 3ème Bjalal de Kolan

J’ai fait un cauchemar, quelque chose d’horrible, inhumain ! Je ne sais pas comment décrire cette scène, c’était épouvantable, terrifiant de vérité ! Des rampants visqueux. Je ne sais pas d’où ils viennent, ils sont rouges, comme le sang. Je me sentais vidée, tellement lasse… Ils étaient là, sur nos abdomens, le mien, ceux des enfants. Couleur de sang. Je me suis réveillée en sueur. Je n’ose penser ce que dirait la Séfarade si elle venait à apprendre mes rêves, ou plutôt mes cauchemars... Je sens des présences inhabituelles.

Bientôt l’Oracle devrait être de retour, et quand ce serra le cas nous la rencontreront. J’espère secrètement être le guide dont parle la prophétie. Mais mes pouvoirs sont encore faibles. Il lui faudra quelqu’un de plus puissant pour combattre les armées d’Irgon. Mais la Fédération Elfique Des Empires du Kimoliun (FEDEK) lui apportera certainement son soutien. Ils pourront ainsi écraser les tyrans et soumettre tous le monde d’Eluant à une paix éternelle.

L’entraînement est de plus en plus dur. A la fin du Yan de Doris, je pars. Ou peut être avant. Je ne sais pas. Une grande confusion règne. Peut-être y a-t-il une migration de Malfeuseuses, ce qui expliquerait tout. Certains des enfants sont tellement énervés et fatigués qu’ils ne mangent plus : quatre des plus grands sont en soins chez les Dortyals. Mais elles ne règlent que les problèmes de santé. Si ce sont bien les Malfeuseuses, nous devrons partir. Je suis terrifiée rien que d’imaginer les horreurs qu’elles pourraient faire. Les gluants sont certainement leurs éclaireurs. Ils finiront par infester les rêves. Et nous mourons…

Posté par newjane à 18:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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